En état de grâce, l'équipe de France a facilement disposé de la Pologne en finale par équipes de l'épée pour s'adjuger la plus belle des médailles. Les Bleus conservent leur titre olympique.
Et Vincent Duchesne
Matteo Tagliariol. L'homme à l'origine de l'énorme déception vécue par Fabrice Jeannet en finale olympique individuelle. Le leader, aussi, de cette équipe italienne qui entravait le chemin de Français parfaitement entrés dans la compétition en écartant au pas de course le Venezuela au tour précédent (45-33). Autant dire que le désir de revanche du médaillé d'argent martiniquais devait rejaillir sur tous ses partenaires. A commencer par son frère, Jérôme, qui tirait d'entrée contre Tagliariol. Une entame de demi-finale idéale pour l'aîné de la fratrie Jeannet qui enchaînait les touches comme dans un rêve. Un contre, une attaque directe au corps, une parade riposte d'école et le break était fait (3-0). Il ne restait plus à Fabrice qu'à enfoncer le clou face à Alfredo Rota, ce qu'il ne tardait pas à faire d'une belle attaque, avant de contrer avec habileté les tentatives du Transalpin. Si bien qu'à l'issue du deuxième relais, les affaires étaient plutôt bien engagées pour les Bleus (10-3). Troisième épéiste français, Ulrich Robeiri devait se méfier cependant de Diego Confalonieri, excellent en quarts de finale...
La revanche de Fabrice Jeannet
Et comme un homme averti en vaut deux, le Guyanais gérait à merveille cette avance à base de coups doubles qui faisaient l'affaire de l'équipe de France (15-8). Dans la foulée, la tactique tricolore se mettait en place et Jérôme Jeannet jouait la montre pour infliger un petit 2-0 en trois minutes à Rota (17-8). L'avantage des Bleus atteignait même les 10 unités après le passage d'un très solide Robeiri, impérial face à Tagliariol (25-15). Mais, inévitablement, les Italiens finissaient par réagir et sans surprise, l'élan venait de Confalonieri, qui s'offrait le luxe de dominer Fabrice Jeannet de deux touches (30-22). Néanmoins, il n'y avait pas le feu à la maison bleue même si Rota poursuivait la tentative de come-back désespéré de la Botte en ramenant l'écart à cinq touches (34-29). Insuffisant toutefois car derrière, à l'expérience et sans trembler, Jérôme Jeannet redonnait de la marge aux Tricolores (40-33). Son frère Fabrice n'avait plus qu'à valider le billet pour la finale contre, devinez qui, Tagliariol. Un vrai petit plaisir personnel pour le natif de Fort-de-France qui, passée une entame un brin hésitante, réussissait plusieurs coups doubles maitrisés.
La Pologne ne résiste pas
Direction la finale où les Français affrontaient la Pologne, vainqueur d'une demi-finale homérique contre la Chine (45-44), dans une ambiance incroyable. La finale, elle, se révélait beaucoup moins stressante et accrochée. Les Polonais avaient-ils lâché trop d'influx nerveux et trop d'énergie contre les Chinois ? Quoi qu'il en soit, l'opposition tournait court. Voire à la démonstration. Si Jérôme et Fabrice Jeannet assuraient respectivement face à Tomasz Motyka (5-4) et Robert Andrzejuk (10-7), Ulrich Robeiri se chargeait de dynamiter le match et surtout le tableau d'affichage en remportant son assaut sans coup férir (15-8). De quoi se rendre le match facile. Mise sous pression, la Pologne explosait en plein vol. Chaque tireur français apportait sa pierre à l'édifice et accentuait l'écart. Qui n'en finissait plus de grimper. Dans le 5e relais, Robeiri régalait avec notamment une parade riposte d'école pour donner 13 touches d'avance aux Bleus (24-11).
Fabrice Jeannet ne desserrait pas l'étau et se permettait même d'humilier Zawrotniak avec un terrible 5-0 (30-14). Même le petit péché de gourmandise de Robeiri, trop joueur sur ses attaques, et la blessure à la main droite de Jérôme Jeannet dans le 8e relais (après un rapide examen, les médecins refusaient le remplacement par Jean-Michel Lucenay, 4e homme de l'équipe), ne permettaient pas aux Polonais de grignoter leur retard. Fabrice Jeannet, médaillé d'argent en individuel, se chargeait de clôturer les débats (45-29). Quatre ans après, les Epéistes sont de nouveau champion olympique par équipes. Le 7e titre olympique pour l'équipe de France d'épée. Et voilà la délégation tricolore avec trois breloques du plus beau métal à Pékin !
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